LES DÉFIS CACHÉS DE L’IMMIGRATION : BUREAUCRATIE ET STRATÉGIES

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La gestion de l’immigration au Canada et au Québec impose aux personnes migrantes des processus bureaucratiques complexes, coûteux et éprouvants. Au Québec, la sélection provinciale ajoute des étapes administratives spécifiques, rendant l’expérience migratoire encore plus exigeante. Malgré ces obstacles, les personnes migrantes s’investissent intensément dans ce projet de vie et développent des stratégies variées pour surmonter ces défis.

Les données présentées proviennent d’une revue de littérature critique réalisée à l’aide de moteurs de recherche, tels que Google Scholar et Sofia. Les mots clés pour la recension étaient immigration, bureaucratie, Québec et Canada.

OBSTACLES LIÉS À LA BUREAUCRATIE MIGRATOIRE 

Les obstacles bureaucratiques à l’immigration se manifestent à travers des processus administratifs complexes et demandants, souvent perçus comme impénétrables.

Cette bureaucratie, bien qu’apparente neutre, crée des inégalités en désavantageant certains groupes selon leur origine ethnique, culturelle ou leur classe sociale. Au Québec, les démarches administratives incluent la soumission de nombreux formulaires, des certificats divers, des tests linguistiques, et des examens médicaux souvent de manière numérisée. Ce système favorise les individus ayant des compétences liées au marché du travail, tout en marginalisant les autres.

Cependant, les personnes migrantes démontrent une capacité d’adaptation, ou agentivité, pour surmonter ces défis.

STRATÉGIES

1. Les intermédiaires en immigration 

Il s’inscrit une tendance grandissante du recours aux intermédiaires.  Ces personnes ont un rôle d’aidant quant à la complétion des démarches d’immigration.

Les intermédiaires en immigration peuvent être :

  • Des membres du réseau social de la personne
  • Des agences de recrutement à l’emploi des personnes immigrantes
  • Des personnes pratiquant d’autres activités professionnelles en lien avec l’immigration.

Il y a aussi

  • les « Smugglers » qui sont des intermédiaires qui opèrent souvent à la limite de la légalité pour aider les personnes migrantes à franchir des frontières
  • Les trafiquant.e.s qui, eux, sont directement impliqués de manière criminelle, comme par l’exploitation ou la traite de personnes.

Les intermédiaires peuvent aider à la préparation du dossier, en transmettant des conseils et en élargissant les opportunités pour la personne. Ils facilitent l’intégration des personnes immigrantes, tout en renforçant leur confiance envers le système et en les aidant à se sentir valorisées dans la société. Avec les tâches bureaucratiques qui se complexifient de plus en plus, les personnes immigrantes sont davantage dépendantes de ces aidants et peuvent dépenser beaucoup d’argent à cet effet.

2. Le pouvoir de l’attente

Le long délai du processus d’immigration au Québec ne donne nul autre choix aux personnes immigrantes que d’attendre une réponse une fois leur dossier soumis.

Or, plusieurs décident de tirer avantage de cette période en se renseignant de manière stratégique sur les procédures administratives. Certaines personnes échangeront des informations sur leur processus et s’aideront à mieux saisir le système à l’aide de forums en ligne et de groupes Facebook. Ces personnes s’informeront parfois au point d’être en mesure d’appréhender les embuches qui pourraient être rencontrées plus tard dans le cheminement.

3. Mobilisation des émotions et des affects

Les personnes migrantes investissent beaucoup dans la préparation de leurs dossiers pour éviter toute méfiance de la part des agents, sachant qu’une erreur ou une incohérence peut compromettre leur projet d’immigration. Les documents eux-mêmes, supposés objectifs, sont chargés émotionnellement, évoquant espoirs, peurs, et incertitudes.

Ces émotions ne sont pas seulement subies, mais aussi mobilisées comme stratégie. Dans les demandes de parrainage, par exemple, de mettre des preuves émotionnelles comme des lettres ou des photos peut convaincre les agents de l’authenticité d’une relation. En entretien, les candidates et candidats apprennent parfois à raconter leurs expériences de manière à répondre aux attentes des agents, incluant la mise en scène de leur souffrance.

Cette mobilisation des émotions révèle les paradoxes d’un système censé être rationnel, mais qui exige une charge affective pour fonctionner efficacement.

CONCLUSION

Les représentations médiatiques des personnes immigrantes sont parfois limitées de manière à renforcer une image de victimisation. Cependant, il est important de souligner la créativité et la persévérance de ses personnes qui utilisent leur capacité à agir avec brio.

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